A propos de l’autrice
Nathalie Peguero

— Précommandes du Volume I de L’Archipel bientôt disponibles —
Nathalie Peguero est autrice et créatrice d’univers. Elle écrit à la lisière des genres, là où la fiction devient un territoire d’enquête, de mémoire et de résistance. Ce qu’elle cherche, ce ne sont pas des vérités toutes faites, mais des failles, des voix qui persistent, des figures qui avancent, même blessées, dans des mondes qui vacillent.
Son œuvre est nourrie par une connaissance intime de Paris, qu’elle a habitée pendant plus de vingt ans. Elle y a vécu dans plusieurs arrondissements, de l’est aux hauteurs de l’ouest, en passant par les cœurs calmes et les marges agitées, mais aussi dans les zones de la périphérie, ces entre-deux que la ville ignore parfois, mais qui racontent pourtant une autre histoire. Ce Paris, elle ne l’a pas seulement traversé : elle l’a respiré, aimé, détesté, compris, désappris, reconstruit. Elle en connaît les plans et les dérives, les lumières basses et les tunnels oubliés, les quartiers qu’on nomme et ceux qu’on efface.
L’Archipel est né de cette relation profonde et ambivalente à la ville. C’est un roman en fragments, une fresque éclatée, un récit post-urbain où les rues de demain portent encore les cicatrices d’aujourd’hui. Loin de toute dystopie gratuite, L’Archipel imagine un futur submergé qui ne fait que prolonger nos fractures actuelles : sociales, politiques, intimes, écologiques. Dans cet avenir englouti, les questions restent les mêmes, mais les réponses, elles, ont changé de forme.
« J’ai écrit ma première histoire à huit ans, sur une plage de Cabo de Gata. Le murmure des falaises portait les récits de pirates. Les chants des mines d’or abandonnées glissaient sur le vent du désert d’Almería. Et dans mon sac, les aventures du Club des cinq d’Enid Blyton… Autant d’univers qui nourrissaient déjà mon imaginaire. Mon style a bien changé depuis. Mon écriture a grandi, j’ai trouvé de nouvelles formes, un nouveau souffle, mais le désir d’explorer l’inconnu par les mots est resté le même. »
À travers une écriture qui mêle narration, tension dramatique et voix intérieures, Nathalie Peguero fait entendre celles et ceux que les systèmes tentent d’effacer. Elle travaille avec la même exigence le texte, l’image et la voix, cherchant à créer une œuvre totale où chaque mot porte en soi une vibration visuelle et une mémoire sonore. Ses personnages ne sont jamais des héros. Ce sont des survivants lucides, des insurgés silencieux, des âmes debout au bord du gouffre.
Écrire, pour elle, c’est cartographier l’oubli. C’est refuser les amnésies collectives. C’est bâtir, dans les ruines, des lieux de passage et de souffle.